24ème Dimanche du temps ordinaire   Année A

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Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé.

La parole proclamée dans la liturgie de ce dimanche rappelle à notre conscience ce que le Seigneur a fait avec nous. Beaucoup d’entre nous avons fait une rencontre avec Dieu dans laquelle nous avons expérimenté le pardon, goûté et vu combien le Seigneur est bon et puissant en sa miséricorde.

L’Ecclésiastique nous exhorte à cesser de haïr le frère, considérant quelle sera notre fin. En effet tant de fois nous ressemblons à ce serviteur mauvais de l’Évangile lorsque nous retenons ce que les autres nous ont fait et nous sentons en droit d’exiger qu’ils nous demandent pardon, qu’ils reconnaissent et/ou réparent leur tort. Plus encore, tant de fois on entend : « Je pardonne mais je n’oublie pas »  ; or la preuve que le pardon véritable n’a pas été accordé à l’autre c’est l’indifférence qui coupe les ponts, la perte de confiance. Une haine sous-jacente se cache hypocritement derrière le mensonge comme lorsque tant de couples qui se séparent affirment : « On s’est séparé mais tout va bien, on s’entend mieux qu’avant. » 

Cet homme de la parabole avait oublié la dette énorme que son maître lui avait pardonnée (400 tonnes d’or !) et c’est pour cette raison que cyniquement, il réclamait à l’autre, qui lui devait une quantité comparativement négligeable, de lui rendre son dû. Nous ne pardonnons pas parce que nous considérons que les autres ont une dette envers nous, qu’ils doivent nous considérer, nous remercier, nous applaudir et pour cela tant de fois nos attitudes sont pleines d’exigence, d’arrogance, d’impatience.

L’attitude chrétienne de celui qui a été pardonné par Dieu, qui a rencontré cet amour de Jésus-Christ et en qui l’Esprit Saint a répondu la charité c’est de tout excuser, de tout pardonner, de tout supporter. Si véritablement nous avons eu cette rencontre personnelle, nous savons que nous devons aux autres compréhension, compassion, amour et pardon. Jésus a scellé notre pardon en nous réconciliant avec le Père, en donnant sa vie pour nous alors que nous étions mauvais et pécheurs, en répondant jusqu’à la dernière goutte de son sang. Il a rendu ce pardon visible et manifeste par sa mort sur la croix, de telle manière que chaque fois que nous regardons la croix nous pouvons nous rappeler, instiller en notre cœur cet amour qui seul peut nous rendre capables d’aimer. Nous ne pouvons aimer que si d’abord nous avons goûté cet amour gratuit de Jésus pour nous.

Disposons donc notre cœur dans la liturgie de ce dimanche à nous laisser aimer. Demandons à l’Esprit Saint qu’il se rende présent dans cette liturgie et actualise pour nous ce pardon, cette miséricorde et la compassion du Seigneur.  Que le mystère du Corps et du Sang du Seigneur nous rassemble dans l’unité qui crée dans la communauté chrétienne des liens de paix, de pardon, de réconciliation et d’amour. Bénissons tous ensemble le Seigneur avec le psaume du jour : « Bénis le Seigneur ô mon âme … n’oublie aucun de ces bienfaits ».