4ème Dimanche de Pâques      Année A

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Dédicace

  Dans son exode d’Égypte,vers la Terre promise, la nuée, lumineuse de nuit et ténébreuse le jour accompagnait Israël. Elle descendait sur la Tente de la Rencontre et le Seigneur s’entretenait avec Moïse de son dessin d’amour. Lorsque le roi David voulut construire un temple au Seigneur, il lui fit savoir par le prophète Nathan : « Je n’ai jamais habité de maison depuis le jour où j’ai fait monter d’Égypte les israélites jusqu’à aujourd’hui, mais j’étais en camp volant, sous une tente et un abri. » (2S 7,6) A David qui veut construire une maison au Seigneur, celui-ci promet une maisonnée. Lorsque son fils Salomon dédicaçait le temple érigé à Jérusalem, il éleva cette prière : « Dieu habiterait-t-il vraiment avec les hommes sur la terre ? Voici que les cieux et les cieux des cieux ne peuvent le contenir, moins encore cette maison que j’ai construite ! Que tes yeux soient ouverts jour et nuit sur cette maison, sur ce lieu dont tu as dit : ‘Mon Nom sera là’, écoute la prière que ton serviteur fera en ce lieu. » (1R 8,27) Dieu n’habite pas une bâtisse, mais un peuple qui fait sa volonté, chante sa louange et manifeste ainsi son amour aux nations.

     En Jésus de Nazareth, les promesses faites aux pères sont portées à leur accomplissement « Le Verbe s’est fait chair, il a dressé sa tente parmi nous. » (Jn 1,14) Le Fils de Dieu naît dans la maisonnée et la descendance de David. « En lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité. » (Col 2,8) La présence de Dieu dans la Tente de la Rencontre puis dans le temple de Jérusalem est portée à une plénitude corporelle. Plus encore : Jésus dira du temple : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai… Mais il parlait du sanctuaire de son corps. » (Jn 2,19.21) En effet, la tente, dans le langage biblique désigne aussi la corporéité de la personne. Dans sa Pâque, le Christ « se plénifie » en s’agrégeant les croyants, son corps ecclésial. Nous sommes son corps, sa maisonnée, sa présence, le temple fait de pierres vivantes, le peuple vivifié de son Esprit.

     L’église du Bon-Pasteur se dresse en une architecture de tente, Tente de la Rencontre pour un peuple en exode vers le Royaume céleste promis. Nous célébrerons ce dimanche les cinquante ans de sa consécration. On parle plus justement de dédicace. En effet, ce qui rend cet espace sacré, c’est d’être dédié, mis à part pour accueillir un peule saint qui chante la louange du Seigneur, et fait ainsi de l’édifice un sanctuaire. Cette sainteté doit être celle de chacun de nous, dans sa communion au Christ pascal, « portant toujours, dans notre corps, la manière de mourir de Jésus, pour que la Vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps » (1 Co 4,10) et en son Corps ecclésial.