Dimanche de Pâques      Année A

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C’est là qu’ils me verront

           « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon. Il y a eu un soir et il y a eu un matin : sixième jour… Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il s’y était abstenu de tout son travail… » (Gn 1,31 ; 2,3) Dieu s’abstient, se retire en un repos, pour laisser à l’homme, dans le consentement de sa liberté, la capacité de sanctifier tout le créé et d’y rendre ainsi Dieu présent. En six jours tout a été fait dans un amour créateur ; en un instant tout s’est défait par le péché de l’homme, et depuis le mal prolifère et gangrène l’humanité. Ce premier sabbat dure, où Dieu semble absent et inactif. Pourtant, patiemment, il reprend son œuvre.

     Lorsque la Parole prend chair, la plénitude des temps est atteinte. Le temps est désormais plein, l’histoire est pleine comme une femme est enceinte. « Le Fils de l’homme, maître du sabbat » répondra au reproche des juifs après une guérison un jour de sabbat : « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi. » (Jn 5,17) Il portera son œuvre à l’achèvement lorsque son heure sera venue. Jeté hors de la ville sainte, il assume le rejet de Dieu qui domine le cœur de l’homme depuis la rupture de la Genèse. Crucifié, il meurt d’une mort de pécheur. Son corps est descendu de la croix et mis au tombeau, alors que déjà pointe l’entrée dans le sabbat, le grand sabbat de la Pâque juive.

     Le lendemain de ce grand sabbat, « le premier jour de la semaine commence à poindre », premier jour d’une semaine de création nouvelle dans la résurrection du Christ ; huitième jour de la vieille semaine, à partir duquel l’humanité chemine vers la fin des temps. Le temps et l’histoire sont à terme. Ils sont accouchés à leur fin et à leur finalité : l’éternité offerte en Christ, ressuscité dans une chair semblable à la nôtre.

     L’ange du Seigneur, l’angelos messager de Bonne Nouvelle roule la pierre, pour révéler aux femmes, venues visiter le tombeau scellé, qu’il est bien vide : « Jésus le crucifié n’est pas ici, il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait » Elles deviennent, elles aussi, anges-messagers pour « annoncer à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et il vous précède d’en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » En chemin d’évangélisation auprès des apôtres, Jésus « vient à leur rencontre », se laisse voir et saisir, et les confirme dans leur envoi. Depuis lors, le Ressuscité précède les siens et se laisse voir dans l’annonce de la Bonne Nouvelle dans la Galilée des païens. L’annonce des anges, disciples messagers de la Bonne Nouvelle, met l’homme en chemin vers ses frères. En chemin lui est donné de voir et reconnaitre le Ressuscité, dans une rencontre inouïe : « Shalom ! Ne craignez ! Allez annoncer à mes frères… »