27ème Dimanche du temps ordinaire   Année A

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Ô Jésus, ô mon amour, combien tu m’as aimé !

Le Seigneur a élu un peuple qu’il a arraché à l’esclavage de l’Égypte et, comme une vigne, il l’a planté en territoire païen pour montrer sa sainteté à toutes les nations. Jésus dit cette parabole aux grands prêtres et aux anciens du peuple à qui avait été confié le soin de cette vigne. Mais eux n’ont pas donné le fruit que Dieu en attendait et ils ont tué les prophètes qui qui leur ont été régulièrement envoyés. En raison de leur cœur dur l’élection de Dieu est retombée sur les païens.

Dieu a alors conclu une alliance nouvelle et éternelle avec nous, le nouvel Israël, dans le don de son Fils unique. Malgré cet amour et la profusion des dons du Seigneur, nous courons le même risque que le peuple d’Israël. En effet, combien de prophètes, de saints pasteurs et de saints Papes le Seigneur a envoyés à notre vie pour nous annoncer la vérité de l’amour de Dieu ? Combien de fois n’avons-nous pas cru en Jésus malgré les miracles dont nous avons été témoins ? Combien de fois avons-nous douté de la bonté de Dieu lorsque la croix de notre vie s’est rendue plus douloureusement présente?

Le Seigneur nous appelle aujourd’hui tous à la conversion, à accueillir son amour, à ne pas douter de lui ou à lui opposer nos projets ; à avoir un cœur docile à sa volonté. Dieu lui le premier nous a aimés et il nous a appelés à la sainteté pour que nous allions et portions du fruit. Mais quel est ce fruit ? C’est le vin qui réjouit le cœur de l’homme (Ps 102), l’amour ! Nous avons la mission de manifester au monde la joie. Que rien ni personne ne peut nous séparer de l’amour de Dieu.

Le monde n’a pas cette joie : elle lui a été volée par la séduction du malin. Lui, menteur dès le commencement, n’a d’autre intérêt que de mettre les hommes dans l’angoisse et l’affrontement, dans le non-sens, de les séduire par ses raisonnements fallacieux. Tant de fois nous sommes séduits également par cette pensée que le Christ va nous enlever notre liberté, frustrer notre désir de bonheur et nos projets. Ce mensonge instillé dans notre cœur peut être aujourd’hui arraché par la foi : le Seigneur est venu pour que nous ayons la vie en abondance. Ce Fils du maître est le Verbe incarné, une parole d’un amour inconditionnel pour tout homme. Nous serons nous-mêmes les premiers bénéficiaires parce qu’il veut nous transférer du Royaume des ténèbres vers son Royaume de lumière, il nous appelle pour que nous puissions vivre dans l’Église, qui est sa vigne, les prémices des joies éternelles, l’héritage éternel que nous n’osons même pas demander mais que notre esprit désire avec des gémissements ineffables.

La petite Thérèse, fêtée ce 1er octobre, avait parfaitement compris cet amour gratuit, cet héritage des fils de Dieu dont nous pouvons gouter les prémices sur terre : « Ô mon Jésus, c’est peut-être une illusion, mais il me semble que vous ne pouvez combler une âme de plus d’amour que vous n’avez comblé la mienne. »